Tu viens de signer chez Bouygues Télécom. Qui a fait le premier pas ?
J'ai forcé ma nature et j'ai appelé Jean René Bernaudeau. Je me suis déplacé en Vendée pour avoir un entretien chez lui. Pas un entretien costume-cravate, hein ! Il m'a posé des questions, on a parlé vélo et d'autres choses. J'avais aussi quelques questions à lui poser. La balle était dans son camp. Jean René Bernaudeau m'a proposé un contrat d'un an. Cela va lui permettre de mieux me connaître car ce n'est pas avec un seul entretien qu'on peut connaître une personne. Ce contrat d'un an ne me dérange pas car j'ai bon espoir de ne pas le décevoir.
Avais-tu contacté d'autres équipes ?
Non, c'était mon premier coup de fil. Bouygues était l'équipe qui m'intéressait le plus. Pendant le Tour, j'avais écouté Jean René dans une émission sur Europe 1, avec Guy Roux notamment. Son discours m'avait plu.
Pas doué pour trouver une équipe
Dans ta carrière, as-tu toujours utilisé la même méthode pour trouver une équipe ?
A la fin de mon contrat chez Cofidis, en 2001, toutes les autres équipes pensaient que j'allais continuer avec Cofidis. C'est là que je me suis rendu compte que je n'étais pas doué pour trouver une équipe. Je suis redescendu amateur. Je me suis débrouillé pour trouver une place chez Oktos. Pour RAGT, un agent est venu me voir pour signer un contrat de deux ans, alors que je ne connaissais pas encore l'équipe!
Certains coureurs ont-ils des agents ?
Quelques uns. C'est peut être un plus mais l'important c'est le dialogue direct avec le futur directeur sportif.
Est-il préférable de briller sur certaines courses pour "séduire" une nouvelle équipe ?
Toutes les courses sont bonnes à prendre. Chaque directeur sportif cherche des profils particuliers : un rouleur, un spécialiste des pavés ou un grimpeur. Souvent, ils préfèrent aussi, des coureurs réguliers.
La pression pour trouver de l'embauche a-t-elle un effet sur les résultats des coureurs ?
Certains coureurs peuvent avoir la réputation de ne marcher qu'en août, à la fin de leur contrat. Mais leur organisme évolue peut être mieux à l'été. Et comme on ne court pas en juillet quand on ne fait pas le Tour, il ne reste que le mois d'août pour se montrer. C'est un peu le cas chez RAGT. Le GP de Plouay a montré qu'il y a des coureurs de qualité dans notre équipe mais nous sommes moins efficaces en début de saison.
Pour ma part, avoir le couteau sous la gorge pour trouver un contrat, ça me bloque. Je cours plus mal. Au contraire, quand je sens la confiance de mon entourage, je suis poussé vers l'avant.
Par exemple, sur le Tour du Limousin, Jean René Bernaudeau m'a donné sa parole qu'il m'engageait le matin de la 1ère étape. Cela m'a libéré. J'ai pris la bonne échappée avec Sébastien Joly, alors que je n'avais pas de bonnes jambes.