Yoann Le Boulanger, absent depuis dix mois de toute compétition suite à sa chute survenue lors du Tro Bro Léon 2004, fait le point sur son retour.
1 / Quelles sont vos sensations pour votre retour en compétition ?
Yoann Le Boulanger : Difficile à dire. Je sors de deux semaines de grippe qui m'ont forcé à couper durant cinq jours. Disons que je recours, c'est déjà pas mal. En fait, je suis content, car dans le rétro, je repense au mois de Juillet 2004 où je me rendais près du vélo avec des béquilles et là je me dis que du temps a passé ; du temps avec des épreuves qui font appel à la volonté de durer et de revenir. En vérité, j'ai repris le vélo exactement le 4 novembre. Au début, on se croit totalement en possession de ses moyens mais très vite la gêne, me concernant au genou, reprend et vous ramène à votre réalité de convalescent. J'ai senti un mieux et une vraie joie de pédaler lors de notre second stage à Vendrès, ça a été un peu la date qui a marqué la fin de mon anxiété.
2 / Lorsqu'on est absent du peloton pendant un an, forcément lors de son retour on voit des choses changées... YB : Relativisons, j'ai repris à Paris - Troyes, une course open qui ne reflète pas exactement l'atmosphère du peloton pro. Je sais qu'on parle beaucoup de Pro Tour. Ceux qui en sont, ceux qui n'en sont pas. Ça fait drôle, et je ne trouve pas ça terrible...
3 / Outre, cet aspect, sportivement parlant, comment s'est déroulé votre retour ?
YB : Ça n'a pas été l'idéal. On espère toujours revenir pour une grande date, ça n'a pas été le cas. Mais le cyclisme fonctionne comme ça. Sur cent jours de compétition, en gros, statistiquement, il y en a quatre vingt quinze pour perdre et cinq pour gagner. Hier, on était dans un des quatre vingt quinze pour perdre. Sinon, j'étais heureux de pouvoir raccrocher un dossard. Je ne m'attendais pas à ce qu'on me déroule un tapis rouge. Et d'ailleurs pourquoi l'aurait-on fait ? J'avais seulement en moi, la conviction, et je l'ai toujours, que je retrouverais mon meilleur niveau, très vite.
4 / Quelles seront vos ambitions cette saison ?
YB : Courir devant à mon meilleur niveau. Je mesure à quel point, le métier de coureur cycliste professionnel est fragile et pour y durer, il y faut de la chance mais aussi des résultats. A base de ce constat, vous comprendrez que j'ai envie de repartir devant et non pas derrière ?
5 / Puisque en quelque sorte, désormais vous êtes à même de porter un ½il neuf sur l'équipe RAGT Semences, quels sont les jeunes qui vous paraissent les mieux à même de figurer en tête prochainement ?
YB : Je ne vais pas vous faire une revue de détail de l'équipe. Non, comme ça spontanément, je pense à Sébastien Minard. Un vrai coureur, souple, véloce, inspiré, déterminé et en plus intelligent. Celui là, toutes les chances pour réussir sont de son côté. Je pense sensiblement sur le même mode à Emilien-Benoît Bergès, hyper doué, volontaire et doté de grosses qualités physiques.