Yoann, d'abord comment ça va ?
"Je sors d'une visite pré-opératoire puisque demain je vais avoir un cerclage."
Quelles sont les circonstances de cette chute ?
"On était à 3 kilomètres de l'arrivée, à la sortie du dernier secteur en terre, j'ai crevé des deux roues en même temps dans un virage. Je suis tombé sur le côté droit, j'avais mal au genou et au coude mais j'ai tenu à finir. C'est certain que je n'aurais pas dû, ensuite j'ai pris la douche, je ne pouvais pas poser le pied par terre. Malgré tout, j'ai repris l'avion vite fait, sans voir de
médecin. Et c'est à Orly, que c'est devenu intenable et que le diagnostic m'a rattrappé. J'aurais dû voir le médecin plus tôt. Plus ça allait, plus c'était horrible."
Vous vous sentiez vraiment fort pour la gagne ?
"Oui, ce sont les crevaisons qui m'ont freiné, une puis deux et puis trois, je suis revenu à chaque fois, je me sentais en mesure de battre Samuel Dumoulin."
Vous aimez ce Paris-Roubaix breton, sans les pavés ?
"Oui, au début, je trouvais ça marrant, j'ai toujours été motivé au Tro Bro. Quand, en plus, on est bien physiquement comme je l'étais dimanche, hyper motivé, là ça devient génial, car c'est vraiment une belle course. Quand on est comme dimanche, la pression qui monte qui monte, c'est vraiment bon alors pour un peu que le physique soit là, c'est terrible !"
Quelle est la suite pour vous ?
"Vendredi, il y a le cerclage c'est à dire qu'on va resolidariser les fragments. Il me faudra au moins six mois avant de refaire du vélo, et pour revenir au moins un an. Dès mercredi, je sors, je suivrai une rééducation puis Cap Breton, avec d'autres, qui sont dans mon cas, sans doute."
Cette possible victoire annonce-t-elle l'arrivée des succès pour RAGT Semences ?
"Je ne sais pas, cela aurait fait vraiment du bien à tout le monde, les coureurs comme l'encadrement. On nous dénigre à l'extérieur, mais il faut bien savoir qu'on ne fait pas exprès d'avoir ces résultats, nous aussi on veut être devant. Le sport, c'est ça. Dimanche, je passe du top au plus bas en 10 minutes, la gagne peut basculer à tout moment. Ce que j'espère, c'est que ça soit un déclic, le mois de mai est généralement bon pour l'équipe, j'étais un peu en avance, mais vaut mieux ça."
Propos recueillis le 29 avril 2004.
